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Article de TF1:
Afrique du Sud - Une vidéo
raciste réveille les vieux démons
Diffusée sur internet, elle montre des étudiants
blancs humiliant des employés noirs sur fond de commentaires
racistes. Indignation dans le pays.
Des manifestations ont éclaté à l'université
où a été tournée la vidéo.
La scène évoque une séance
de bizutage, avec dans le rôle des "victimes",
cinq employés d'université, et dans le rôle
des "organisateurs", des étudiants. Placés
à quatre pattes, les employés sont sommés
de laper une mixture d'aspect peu ragoûtant dans laquelle,
suprême raffinement, un des "organisateurs" vient
d'uriner, ce qu'il s'est bien gardé de leur signaler. Le
mauvais goût est déjà flagrant, même
si les "victimes" se prêtent de bonne grâce
à ce qui leur apparaît visiblement comme des jeux
de jeunes gens sans conséquence. Mais ce qui donne à
cette vidéo tout son caractère outrancier, ce sont
les commentaires qui l'accompagnent : "Autrefois, les Boers
vivaient en paix ici sur l'île de Reitz, jusqu'à
ce qu'un jour les moins avantagés découvrent le
mot 'intégration' dans le dictionnaire".
Les "organisateurs" de cette séance d'humiliation
sont des étudiants blancs sud-africains de l'Université
du Free State. Les "Boers" dont ils se réclament
étaient les premiers occupants blancs du pays, ancêtres
de l'actuelle minorité Afrikaner. Les employés d'université
sont noirs. "L'île de Reitz" est le nom de la
résidence où se déroule la scène,
qui a été filmée par les "organisateurs".
Le tout prend la forme d'une vidéo amateur qui se présente
comme un message adressé à la direction de l'Université,
qui a adopté une politique d'intégration des étudiants
noirs dans les résidences de blancs et vice-versa.
Jets de pierres contre la résidence universitaire
Le film avait été tourné en septembre, mais
c'est tout récemment que la vidéo, diffusée
sur internet, a commencé à faire réagir.
Elle a déclenché mercredi une vague d'indignation
en Afrique du Sud : 500 étudiants et salariés ont
manifesté dans la matinée sur le campus de Bloemfontein,
criant leur "choc" et leur "horreur". Un groupe,
qui jetait des pierres contre la résidence universitaire
où ont été filmées les images, a été
dispersé par la police qui a dû faire usage de grenades
assourdissantes.
La Ligue des jeunes du parti au pouvoir depuis la fin du régime
d'apartheid en 1994, le Congrès national africain (ANC),
a appelé à de sévères sanctions contre
les auteurs de la vidéo, dénonçant un "acte
raciste et barbare". Le parti d'opposition qui affirme représenter
la minorité Afrikaner, le Freedom Front Plus, a condamné
"le racisme et l'atteinte à la dignité humaine
qui ne font qu'aggraver les problèmes de l'Afrique du Sud".
Le porte-parole de l'Université, Anton Fisher, a indiqué
avoir immédiatement alerté la direction de l'établissement
mardi, lorsqu'il a reçu une copie du film. Deux des étudiants
en cause avaient déjà achevé leurs études.
Les deux autres ont été renvoyés sur le champ.
"J'ai vu cette vidéo. Je l'ai trouvée terriblement
choquante et dégoûtante, j'étais très
en colère", a déclaré Fisher. "Nous
allons engager un processus disciplinaire et allons engager une
action en justice".