Alpha Blondy de son vrai nom Seydou Koné,
né à Dimbokro le 1er janvier 1953, est un chanteur
de reggae ivoirien.
Avec Youssou N'Dour, il est sans doute la star internationale la
plus populaire de la musique afro/reggae depuis la mort de Bob Marley
(décédé en 1981) auquel on le compare souvent,
notamment pour son charisme et son engagement. Il chante aussi bien
en français, en dioula (langue véhiculaire de l'Afrique
de l'Ouest), qu'en anglais. C'est un artiste de scène qui
se produit dans le monde entier."Brigadier Sabary" est
surement l'un de ses plus grand succés
Premier fils d'une famille de neuf enfants, Seydou Koné naît à Dimbokro
en 1953. Élevé par sa grand-mère, le garçon
connaît des années heureuses : portant le même
prénom que le grand-père décédé,
il est le « petit mari » de l'aïeule qui le cajole. Élevé parmi
des femmes âgées, il en apprend notamment de nombreuses
expressions dioula recherchées. Une règle importe qui
marquera l'enfant pour toute sa vie : il faut « parler droit »,
ne pas mentir, quelles que puissent en être les conséquences.
En 1962, il retrouve sa mère à Korhogo ; celle-ci
l'emmène à Odienné où son mari travaille
pour la Compagnie française de Côte d'Ivoire, la CFCI.
Seydou Koné passe dix ans à Odienné, où en
1972, il préside la section locale du Mouvement des élèves
et étudiants de Côte d'Ivoire (MEECI). On l'appelle
Elvis Blondy. La même année, il part suivre sa seconde
au lycée normal de Korhogo. Élève inscrit à l'internat,
l'adolescent forme un groupe avec ses copains Price (guitare), Pop
Touré (batterie) et Diallo Salia (basse) : les Atomic Vibrations
jouent en matinée les week-ends, pour les beaux yeux des jeunes
filles du Couvent Sainte-Elisabeth voisin...
Désireux d'apprendre l'anglais, il convainc sa mère
de le laisser partir, en auto-stop, pour le Libéria voisin.
En 1973, Seydou Koné est à Monrovia. Il y reste treize
mois, prenant des cours pour maîtriser la langue des Beatles
et donnant des leçons de français. Mais le jeune homme
veut aller plus loin. Il rentre en Côte d'Ivoire avec l'idée
de partir aux États-Unis perfectionner son anglais, aller à l'université,
faire de la musique et créer un groupe. À l'époque,
il a en effet déjà écrit maintes chansons. « Come
back Jesus », par exemple, a été écrite
au Libéria (le titre sera publié en 1985 sur l'album « Apartheid
is nazism »).
C'est en 1976 que le rêve devient réalité :
Blondy (c'est ainsi qu'il signe les lettres envoyées aux amis
restés au pays, surnom qui existe depuis le collège à Odienné)
débarque à New York.
Il s'inscrit dans une première école, la Geneva School
of business, où il suit pendant trois mois des leçons
d'anglais commercial. Puis il use les bancs du Hunter College pour
prendre des cours de langue accélérés et passer
avec succès le test qui lui permet enfin de s'inscrire à l'American
Language Program de Columbia University.
Pendant deux ans, le jeune ivoirien suit ce programme destiné aux étudiants étrangers.
En même temps, souvent de nuit, forcément, il enchaîne
les jobs alimentaires - il est notamment coursier, à 5 dollars
le pli porté. À ce rythme, il tombe bientôt malade.
Alors qu'un médecin lui conseille de se reposer, un ami ivoirien,
Oullaï Joachim, lui suggère de venir le rejoindre à Waco,
au Texas. Seydou arrête les cours et quitte New York, son climat
qui peut être si froid et son rythme infernal.
À Waco, le compatriote l'aide à trouver du travail
: c'est l'usine de dindons Plantation Food, puis celle de poulets.
Mais les abattoirs, cela ne correspond pas si bien que ça
au jeune homme qui, à New York, comme la plupart des africains, évoluait
dans les milieux carribéens et notamment jamaïcains :
toute la période new-yorkaise a en effet été celle
d'une approche de la philosophie rasta, illustrée par le concert
donné par Burning Spear en 1976 à Central Park, dont
Alpha parle encore aujourd'hui comme d'une date majeure, et en quelque
sorte, emblématique.[réf. nécessaire]
Après les volailles, donc, le jeune Blondy trouve un job
chez le plus grand distributeur de musiques chrétiennes du
monde. Pour sa part, il continue d'écrire ses titres.
Une rencontre lui donne beaucoup d'espoir : celle du Jamaïcain
Clive Hunt, qui lui présente The Sylvesters, un groupe formé par
une famille de dominicains qui joue régulièrement dans
les petites salles de l'État de New-York. Espérant
enfin réussir, Blondy quitte le Texas et commence à se
produire en première partie des Sylvesters. Il chante ses
propres compositions, dont «Burn down the apartheid», « Bory
Samory » ( publié en 1984 sur « Cocody Rock »)
ou « War », de Bob Marley, en français (publié en
1994 sur «Dieu»)...
Mais le plus grand espoir du jeune homme repose sur les 8 chansons
enregistrées, sous la houlette de Clive Hunt, au studio Eagle
Sound à Brooklyn. À l'époque, Clive Hunt a déjà réalisé le
1er album des Abyssinians, travaillé avec Max Romeo et enregistré un
album sous le pseudonyme de Lizzard (dont une chanson, Milk and Honey,
a été reprise par Dennis Brown). Le disque ne voit
malheureusement jamais le jour : le réalisateur ayant des
problèmes d'argent, il a, dit-on à Blondy, quitté New
York pour Londres.
Déjà quatre ans passés aux États-Unis,
sans résultat vraiment palpable : en 1980, Blondy décide
de rentrer en Côte d'Ivoire. Peu glorieux, le retour est douloureux.
Le rêve américain a tourné au cauchemar.
De retour à Abidjan, Blondy habite chez des amis. Il se met à répéter
avec des musiciens ghanéens au ghetto d'Adjamé, au
Bracodi Bar. Désormais, il se fait appeler Alpha, qu'il a
ajouté à Blondy en signe d'espoir d'une nouvelle vie,
d'un commencement.
En 1981, Roger Fulgence Kassy lui propose de passer dans l'émission
qu'il présente à la télévision ivoirienne
(la RTI), «Première chance». Les deux hommes se
connaissent de longue date. Adolescents, ils se retrouvaient en effet à Abidjan
pendant les grandes vacances, au quartier Ebrié, chacun chez
son oncle (les deux oncles travaillaient à la Présidence)
; ils ont passé le BEPC la même année.
Avant le départ au Libéria, en 1973, c'est d'ailleurs
ensemble qu'ils se présentent au concours d'entrée à la
RTI. Fulgence réussit, et entre au studio-école de
la télévision ivoirienne. Quand Blondy revient des États-Unis,
Fulgence fait partie de l'équipe du studio 302, dirigée
par George Benson (producteur et animateur ivoirien. A ne pas confondre
avec le guitariste américain). En 1981 donc, Ful, comme l'appelle
Alpha, lui propose « Première chance ». Pour le
chanteur qui a bientôt trente ans, c'est plutôt la dernière
chance...
Il interprète quatre chansons : « Christopher Colombus » de
Burning Spear, et trois de ses compositions, « Bintou were
were », « Dounougnan » et « The end ». « Tu
verras, demain, ta vie va changer », avait prévenu Fulgence.
Effectivement: Devant l'engouement suscité par le passage à la
télévision, Georges Benson propose au chanteur de produire
son premier album. Ce sera « Jah Glory », qui sort fin
1982, début 1983. C'est, au grand regret de Seydou Koné,
malheureusement trop tard pour faire partager sa joie à sa
grand-mère chérie.
Sur l'album, un titre que Benson hésite à mettre : « Brigadier
sabari ». La chanson (dont l'intitulé peut se traduire
par la supplication « Brigadier, pitié! ») dénonce
les violences dont la police est coutumière. Le titre fait
un tabac en Côte d'Ivoire et dans toute la région. Il
accompagne jusqu'à aujourd'hui la riche carrière d'Alpha
Blondy, qui compte plus de quinze albums et un nombre incalculable
de concerts.
Avec son groupe le Solar System, l'artiste se produit en effet aux
quatre coins de la planète, portant haut les couleurs de l'Afrique
et de son pays, la Côte d'Ivoire.
Autour de la Charte du nord[modifier]
Alpha Blondy a souvent été indexé comme supposé auteur
de la Charte du nord, un tract publié en 1991, par de présumés
ressortissants du nord ivoirien. Ce document anonyme appelait à la
sécession de la partie septentrionale du pays. L'artiste a
rejeté une telle hypothèse[1], affirmant ne pas être
l'auteur du document mis en cause.
Opinion[modifier]
Alpha Blondy se positionne contre l'avortement et affirme que celui-ci
est un crime dans sa chanson "Abortion is a crime".
Ambassadeur[modifier]
Il est ambassadeur de l'ONU pour la paix en Côte d'Ivoire.
Le 16 décembre 2010, Alpha Blondy demande publiquement à Laurent
Gbagbo de respecter le choix des urnes et de se retirer. Alpha Blondy
soutenait pourtant Laurent Gbagbo avant les élections [2].
Discographie[modifier]
* 1982 - Jah Glory ( avec le titre Brigadier Sabari et ressorti
sous le titre Rasta poue )
* 1984 - Cocody rock
* 1985 - Apartheid Is Nazism
* 1986 - Jerusalem
* 1987 - Révolution
* 1989 - The prophets
* 1992 - Masada
* 1993 - SOS guerre tribale
* 1993 - Live au Zénith
* 1994 - Veto de Dieu dans la compilation "Reggae Africa"
* 1994 - Dieu
* 1996 - Grand bassam zion rock
* 1997 - The best of Alpha Blondy
* 1998 - Yitzhak Rabin
* 1999 - Elohim
* 2001 - Blondy Paris Bercy (avec de nombreux artistes dont Serge Kassy, Didier
Bilé, Saberty Waïpa, Meiway, Touré Kunda ...)
* 2002 - Merci
* 2005 - Akwaba The Very Best Of
* 2007 - Jah Victory Octobre 2007