Fabe est un rappeur français d'origine martiniquaise, né le
9 mai 1971 à Paris. Son pseudonyme est le diminutif du prénom
Fabrice[1].
Enfant issu des quartiers populaires, c'est dans le 10e arrondissement
de Paris que Fabe grandit. Il déménage à Annecy
avec sa mère, à l'âge de 12 ans, afin de soigner
un eczéma chronique. Ce n'est qu'en 1991 qu'il retourne à Paris
pour s'installer au sein du quartier de Barbès où il
passera neuf années de sa vie.
Fabe a eu un parcours scolaire assez mouvementé. Étudiant
peu assidu et plutôt turbulent, il finit par décrocher
non sans mal son baccalauréat. Il s'inscrit ensuite à l'université de
Nanterre en philosophie, où il n'y passera que quelques mois.
Il vit alors de petits boulots et pratique le skate board[2] et le
graffiti au début des années 1990.
Carrière[modifier]
Il débute dans le rap en 1991, mais ce n'est seulement quelques
années plus tard qu'il est remarqué par sa prestation
sur le titre Faites-vous la guerre, je fais mes affaires, sorti sur
la compilation rap français de Yellow Productions. Fabe sort
son 1er maxi Je n'aime pas chez le label suisse indépendant
Unik Records (du groupe Sens Unik) où il signe pour deux albums.
La même année, il intègre le collectif Le Complot
des Bas Fonds où il y rejoint Lady Laistee, Koma, Sleo, Bo
Prophètes, L.S.O., DJ Stofkry & DJ Kead. Le groupe apparait
sur quelques mixtapes de Cut Killer, déjà proche de
Fabe, qui lui fait rencontrer son ami East.
Le premier album de Fabe, Befa surprend ses frères, sort
en 1994. Le titre Ça fait partie de mon passé bénéficie
d'une bonne promotion radio et le clip se tourne rapidement. Fort
de ce succès, Fabe sort dans la foulée le EP Lentement
mais sûrement en 1995.
Dans la lancée, Fabe sort son deuxième album Le fond
et la forme en 1996. Cette fois-ci, c'est le titre Lettre au président
qui ressort fortement. Fabe y dénonce les abus de pouvoir
des politiques et plus spécifiquement du président
Jacques Chirac, fraîchement élu. Le titre Des durs,
des boss... des dombis est adapté en clip.
En 1997, Le Complot des Bas Fonds fait sa dernière apparition
sur le deuxième album de Fabe avec le titre Lève en
l'air ton index. Aimant travailler en équipe, Fabe s'entoure
de nouveaux rappeurs et forme la Scred Connexion (comprenant Fabe,
Koma, Haroun, Mokless et Mourad). Populaire, il apparait alors sur
divers compilations et mixtapes. En 1997, Fabe fera une apparition
avec East sur l'album L'École du micro d'argent du groupe
IAM sur le morceau L'Enfer.
L'année 1998 voit la sortie du troisième album Détournement
de son, considéré par ses fans comme son meilleur album[réf.
nécessaire]. Ce CD paraît sur le nouveau label de Cut
Killer, Double H, qui en assure par ailleurs la majorité des
productions. Le titre L'impertinent est mis en avant. Fabe s'en prend
encore aux politiques et lance sa phrase la plus connue : "Si
Jean-Marie courait aussi vite que je l'emmerde, il serait tellement
loin..."
Après son dernier album, La rage de dire, sorti en 2000,
Fabe décide de mettre fin à sa carrière de rappeur
et part pour le Québec où il vivra deux ans. Converti à l'Islam
depuis cette époque, il étudie la religion[3]. Cependant,
les autres membres de la Scred Connexion continuent leur chemin.
Ceci n'empêche pas le député UMP François
Grosdidier, dans sa croisade contre le rap, d'assimiler les propos
de Fabe à ceux d'autres rappeurs comme Salif, Lunatic, Monsieur
R, Sniper, Ménage A 3, Ministère A.M.E.R, etc..., et
de les inclure dans une plainte déposée devant le Garde
des sceaux en 2005 pour incitation au racisme et à la haine.
Les propos "haineux et racistes" en question sont issu
du morceau L'impertinent : "C'est physique, biologique, au bleu,
blanc, rouge j'suis allergique. Je leur en fait baver, ces navets.
J'peux les braver, la vie est une manif, la France une vitre et moi
un pavé..." Cette plainte a, par la suite, été jugée
irrecevable par le tribunal correctionnel de Melun).
Fabe apparait également dans un livre écrit par Mathias
Vicherat[4]. Au sein de cet ouvrage consacré à la dimension
de vecteur d'idée du rap français, Fabe fait figure
de précurseur, et ses textes sont cités à plusieurs
reprises.
Fabe VS les rappeurs hardcore[modifier]
Dès son premier album, Fabe prône une volonté d'ancrer
le rap dans la réalité[réf. nécessaire].
Il dénonce d'une part le fonctionnement du milieu par le biais
du morceau On lèche, on lâche, on lynche... extrait
de l'album Le fond et la forme mais aussi l'ambiance hypocrite qui
règne chez certains rappeurs qui s'inventent un vécu
de malfrat. C'est en 1994 dans le titre Joe la monnaie, qu'il commence à critiquer
sévèrement le faux gangstérisme qu'on attache
trop souvent au rap : "Si t'es un gangster t'as pas le temps
de rapper". Il récidive en 1996 dans le titre Des durs,
des boss, des dombis en écrivant: "La guerre du rap,
elle fera plaisir BCBG, aux fils de riche qui passe du R.A.P au solfège,
c'est son public d'ailleurs(...), tout le monde rit quand ils jouent
les durs". Morceau réponse à Stomy Bugsy et à son
morceau La guerre du rap. Avec le titre Dis aux gosses (que le crime
ne paie pas) Fabe se pose en antithèse à des rappeurs
hardcore tels Lunatic (en particulier Booba) qui avaient écrit
en 1996 le morceau Le crime paie. Toujours dans Des durs, des boss,
des dombis, il affiche une bonne partie de la scène rap du
moment: des NTM ("qui jouent les pyromanes aux bains douches") à Stomy
Bugsy ("t'es beau en costard, dommage que tu te la pête!")
en passant par Booba ("Le hip-hop est plein de gangsters en
toc, qui vivent dans des pavillons, nous prennent pour des couillons,
parlent de crimes mais ne tuent que des papillons, parlent de la
rue mais ne connaissent que ses stations de métro" et
surtout "Concours des plus con des Mc's Qui s'font la guerre
sur des maxis parlent d'avoir du cash, N'ont pas assez pour prendre
un taxi, des mythomanes... " qui fait référence à son
séjour en prison pour avoir braqué un taxi). Booba
l'ayant pris au sérieux lui a répondu (trois ans après,
alors que Fabe venait d'arrêter le rap) dans le titre La Lettre
(2000) en reprenant la phrase "C'est tellement bas que pour
en parler faudrait que je me fasse mal au dos", la modifiant
: "Je suis tombé si bas que pour en parler faudrait que
j'me fasse mal au dos." en y ajoutant "Putain quelle rime
de bâtard" en guise de critique.[5].
Discographie[modifier]
Il a sorti 4 albums, 1 maxi, 1 mixtape, 1 EP et 1 compilation (avec
la Scred Connexion) :
* 1994 : Je n'aime pas
* 1994 : Befa surprend ses frères
* 1996 : Lentement mais surement (EP)
* 1996 : Fais-moi du vent
* 1996 : Le fond et la forme
* 1998 : Détournement de son
* 1999 : Scred Selexion 99/2000 vol. 1
* 2000 : La rage de dire
* 2000 : Bonjour la France... vol. 1 (Mixtape)
* 2008 : Ca fait partie de mon passé (Mixtape hommage mixée
par DJ Manifest)